Jeudi 20 octobre 2011 4 20 /10 /Oct /2011 21:57

QPC : l'article 5 devant le Conseil d'Etat

 

Ils sont six plaignants à avoir assigné l'Etat en justice pour carence dans la protection du mot "harkis" contre la diffamation et l'injure. Dans le cadre de leur démarche en justice, les six plaignants entendent traduire devant le Conseil constitutionnel l'article 5 de la loi du 23 février 2005  : "Sont interdites : - toute injure ou diffamation commise envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur qualité vraie ou supposée de harki, d'ancien membre des formations supplétives ou assimilés ; - toute apologie des crimes commis contre les harkis et les membres des formations supplétives après les accords d'Evian. L'Etat assure le respect de ce principe dans le cadre des lois en vigueur".

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Toutes les familles de harkis savent aujourd'hui l'efficacité de cet article 5 de la honteuse loi du 23 février 2005 : aucune ! Inefficace. Totalement inefficace... Pire, cet article a mis le mot "harkis" à la merci de toute diffamation ou injure qui pourrait être prononcée dans les médias.

 

C'est pourquoi, afin de contraindre le Gouvernement et le Parlement à faire évoluer le droit de la presse dans un sens plus protecteur pour les familles de harkis, les six plaignants ont déposé plusieurs questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) devant les tribunaux administratifs de Cergy-Pontoise, de Melun et de Paris.

 

Préalablement  à la comparution de cet article 5 de la loi du 23 février 2005 devant le Conseil constitutionnel, il appartient au Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative française, d'examiner avant la fin de l'année le sérieux des questions prioritaires de constitutionnalité posées par les six requérants contre ce consternant article 5 de la loi du 23 février 2005. L'échéance est donc proche.

 

Toujours est il que d'après certaines sources proches du dossier, Matignon prendrait très au sérieux cette échéance, au point de faire travailler actuellement les services du Premier Ministre en étroite relation avec le Parlement pour qu'une porte de sortie à ce fiasco juridique né de l'article 5 de la loi du 23 février 2005 soit adoptée prochainnement.

 

Toujours selon certaines sources proches du dossier, pour le Premier ministre, il serait impératif d'éviter à la gestion gouvernementale du dossier "harkis" de subir une nouvelle sanction du Conseil constitutionnel aprés la cuissante défaite de début d'année face au Comité Harkis et Vérité. A quelques mois de l'élection présidentielle, ce serait politiquement catastrophique. A suivre...

Par ACH-Ile de France
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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 11:09

Le Message de François HOLLANDE aux familles de harkis

 

Dans le cadre de la campagne des primaires organisées par le Parti socialiste, le candidat François HOLLANDE a décidé de s'adresser aussi aux harkis et aux rapatriés en général. C'est par un message publié sur le site internet du Comité Harkis et Vérité que le député de Corrèze a décidé de s'adresser aux familles de harkis :

 

"Je sais le drame qu'ont vécus et pour certains continuent de vivre nos compatriotes pieds-noirs et harkis. Leurs souffrances et leur sacrifice exigent notre reconnaissance et notre soutien.http://www.harkisetverite.info/images/Francois_Hollande_2011_2.JPG


Vous aspirez à une mémoire apaisée, moi aussi. Cette paix des mémoires passe par une histoire partagée, sans amnésie ni repentance. Elle passe aussi par une totale transparence.

C'est pourquoi je l'engage à ouvrir l'ensemble des archives concernant cette période et en particulier celle qui a suivi la signature des Accord d'Evian et le cessez-le-feu du 19 mars 1962.

Oui, il nous faut reconnaître la part de responsabilité de la France dans l'abandon de nos concitoyens rapatriés et harkis en particulier dans les mois qui ont suivis cette date.

Vous savez mon obstination à rassembler tous les français dans la confiance et le respect.

Cinquante ans après les drames que vous avez vécus, il est grand temps de réconcilier notre pays avec son histoire. Notre mémoire nationale ne saurait oublier cette période et ceux qui l'ont traversée.

Vous êtes des acteurs indispensables dans la mise en œuvre d'une réelle politique de coopération et d'échange entre les deux rives de la Méditerranée, que j'appelle de mes vœux.

C'est pour toutes ces raisons que demain, élu Président de la république Française, j'étudierai avec vous la prise en compte de vos légitimes revendications, dans cette exigence de réconciliation des mémoires".

 

  Paris, le 13 octobre 2011                                                           

  François HOLLANDE

 

 

 

source : www.harkisetverite.info

Par ACH-Ile de France
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Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 11:51

Les harkis de Dunkerque revivent la douleur des camps

 

La politique des camps a fait beaucoup de mal aux familles de harkis. On en veut pour preuve, l'initiative prise par l'association ASGD dans la région de Dunkerque, dans le Nord. Dans le cadre d'un travail d'enquête sociologique menée par l'ASGD sur les familles de harkis résidant dans la région, « Le camp de Rivesaltes revenait dans chaque témoignage. Ils sont presque tous passés par ce camp. Il devenait intéressant d'aller là-bas pour tenter de comprendre » ont relevé les personnes chargées de ce travail d'enquête.

 

Afin de permettre aux familles de harkis de la région de Dunkerque de redecouvrir ce lieu important de la mémoire des harkis en France, l'ASGD a profité des journée du patrimoine en septembre dernier pour organiser un pélérinage sur le site du camp Joffre à Rivesaltes. Une cinquantes de familles de harkis ont fait le voyage. De ce périple, beaucoup en sont revenus chargés d'émotion.... La politique des camps, elle a fait mal, hier, elle fait encore mal aujourd'hui, et elle fera encore très mal demain si les familles de harkis de s'approprient pas cette mémoire..

 

P1En juin 2010, l'ACH-ID avait été à l'origine d'une initiative similaire. Un délégation de militants franciliens avait fait le déplacement à Rivesaltes pour se redécouvrir le site du camp Joffre et se receuillir devant cette mémoire douloureuse que fut les camps de harkis.


 

 

 

Site de l'ASGD :  press

 

Pour plus d'information, lire l'article que le journal La Voix du Nord a consacré à cette très salutaire inititiative :

Rivesaltes, pèlerinage douloureux pour les rapatriés d'Algérie et l'ASGD

lundi 03.10.2011  - La Voix du Nord

| GRANDE-SYNTHE |

Dans le cadre d'un travail sociologique sur les personnes rapatriées d'Algérie vivant ... à Grande-Synthe, l'association ASGD a profité des journées du patrimoine pour effectuer un voyage, un pèlerinage pourrait-on dire, P8au camp Joffre de Rivesaltes. « Dans notre enquête, on s'est aperçu que les gens parlaient très bien de la période lorsqu'ils étaient en Algérie, ils parlaient très bien de ce qui s'est passé après, mais que pour la période charnière de 1962, c'est le vide, note Karim Laïdouni, enquêteur sur le projet Histoires et Mémoires mené par l'association.

 

Il y a beaucoup de silence, parfois des larmes. » L'association cherche alors à comprendre le malaise. « Le camp de Rivesaltes revenait dans chaque témoignage. Ils sont presque tous passés par ce camp. Il devenait intéressant d'aller là-bas pour tenter de comprendre », ajoute Keltoum, également enquêtrice.

Une cinquantaine de personnes a fait le voyage : seize heures de bus pour arriver devant l'entrée du camp et s'effondrer en larmes. Cinquante ans plus tard, les souvenirs enfouis avec la volonté farouche d'oublier resurgissent. Devant eux, des baraquements, des chemins de terre battue, les parfums d'une époque que les vents ont balayés.

Balayées, battues par le vent de l'incompréhension, ces familles françaises d'Algérie qui n'ont pas eu autre choix que d'atterrir là. Car le camp Joffre est d'abord un camp d'entraînement militaire de 600 hectares, construit en 1938, très vite devenu un camp de rétention pour « les étrangers indésirables » selon le décret du 12 novembre 1938. Républicains espagnols dès 1939, puis tziganes et juifs ont été retenus dans ce camp et, pour certains, envoyés vers Drancy.

La douleur s'est apaisée, les souvenirs sont là

C'est dans cet endroit lourdement chargé par l'Histoire que des milliers de harkis, évacués militairement d'Algérie, étaient arrivés en 1962.

Ils resteront là, jusqu'en 1970, dans l'attente d'un hébergement et d'une solution pour leur permettre de vivre en France. « Quand on arrivait dans le camp, on était surveillés par des militaires qui exerçaient un droit de contrôle sur tout. On ne pouvait pas sortir si on n'avait pas d'autorisation », se souvient un ancien du camp.

Tout à coup, ils étaient prisonniers dans un espace clos de grillage et de barbelé, privés de leur liberté. « C'est là que ça ne s'explique pas. Ils ont été otages d'une politique étrangère, mais ils n'étaient pas des étrangers », martèle Keltoum.

La douleur s'est apaisée, mais les souvenirs sont restés. Certains retrouvent l'endroit où ils ont vécu, le baraquement qui a été leur premier abri. Un homme se souvient d'avoir été le facteur dans le camp. Il connaissait chaque endroit, chaque baraquement, chaque famille. Pour beaucoup, les images sont remontées pour éclater en sanglots. De l'avis de tous, la journée a été chargée en émotions. • T. F.

 

Source :  La Voix du Nord

Par ACH-Ile de France
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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 15:41

 

25 septembre 2011 : Journée noire pour les harkis et leurs familles

 

 

Le 25 septembre 2011, aux quatre coins de la France, toutes familles de harkis attendaient le discours du Président de la République aux Invalides à l'occasion de la Journée nationale d'hommage aux harkis. Tous ont espéré que le discours présidentiel honorerait l'engagement du candidat Sarkozy  : "Si je suis élu président de la République, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre des harkis et d’autres milliers de "musulmans français" qui lui avaient fait confiance, afin que l’oubli ne les assassine pas une nouvelle fois".

 

Dans la Cour d'honneur des Invalides, rien de cela. Avec  Nicolas SARKOZY, l'hommage nationale aux harkis s'est limité à un passage en revu des régiments militaires, à un serrage de quelques mains et enfin, à la remise de quelques médailles à des récipiendaires. Point de message ou de discours présidentiel à cette occasion.

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A l'issue de la cérémonie, des militants de l'ACH-IDF ont pris l'initiative de remettre à Nicolas SARKOZY la fameuse carte postale (rappelant son engagement de reconnaître la responsabilité de la France dans le drame des harkis) ainsi que la Déclaration de Paris qui réaffirme l'attachement des familles de harkis à cette revendication première. Après avoir pris ces documents, le président de la République a regagné sa voiture pour rejoindre l'Elysée.

 

Le 25 septembre 2011 était la dernière occasion pour Nicolas SARKOZY de tenir son engagement du 31 mars 2007. Après les espoirs exprimés ici et là, la déception pouvait se lire sur le visage de ceux qui ont quitté les Invalides afin de rejoindre l'Arc de Triomphe pour la cérémonie de ravivage de la flamme.

 

Au cours de cette cérémonie présidée par Marc LAFFINEUR, secrétaire d'Etat à la Défense, chargé des anciens combattants, deux membres de l'ACH-IDF accompagnés de Serge CAREL ont déposé, en mémoire des 150 000 harkis morts pour la France, une gerbe sur la tombe du soldat inconnu.

 

L'hommage aux harkis ne s'est pas limité à la cérémonie à Paris. Dans les différentes régions de France, des cérémonies se sont déroulé sous l'égide des Préfets. Ce fut aussi l'occasion, à Nîmes, dans le Loiret ou à Pau, pour certains membres de la communauté harkie d'exprimer leur colère et leur déception.

Mathieu Arag

"Pour les harkis, le 25 septembre est une grande journée. Mais on aspire à une vraie reconnaissance, y compris matérielle" précise Alain FERKI à Pau. Pour Mathieu ARRAG à Nîmes, le président SARKOZY se devait de tenir son engagement . Et il ne l'a pas fait. Dans le Journal L'EST-ECLAIR, c'est la présidente de l'association des harkis et rapatriés d'Algérie Aube-Bourgogne, présente à la cérémonie à Paris, de déclarer : " C'est une déception totale. Lorsque j'ai pu saluer Nicolas SARKOZY, je lui ai dit directement. (...) Le temps presse et il y en a assez des promesses. On y croit plus".

 

Enfin, pour l'Association Harkis et Droits de l'Homme, le 25 septembre 2011 s'est résumé à une grande mascarade. C'est pourquoi cette association lance un appel au ressaisissement : " A tous ceux qui ont accompagné en grande pompe cette mascarade, l’association harkis et droits de l’Homme leur demande de retrouver leur honneur, l’honneur des harkis et de leur famille, tristement bafoués par les images de cette journée".

 

 

 

 

Par ACH-Ile de France
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Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 13:57

Un harki exprime sa colère dans le grand quotidien "Libération"

Dans une tribune publiée dans le grand quotidien national LIBERATION (édition du 23 septembre 2011), Serge P1030447CAREL, ancien harki, exprime sa colère face à la tournure consternante et pathétique que prend l'édition 2011 de la Journée nationale d'hommage aux harkis.

Il fustige l'engagement non tenu de Nicolas SARKOZY de reconnaître la responsabilité des gouvernants français dans l'abandon, les massacres de harkis et la relégation des familles rescapées dans des camps en France.

Pour Serge Carel, à défaut de tenir son engagement, le président SARKOZY préfère réitérer une énième cérémonie de remise de médailles en guise de réponse aux attentes des harkis et de leurs familles. "Or, de ces médailles, nous en sommes repus ! Moi-même, j'ai été décoré de la Légion d'honneur il y a quatre ans" écrit Serge CAREL.

Pour protester contre cette instrumentalisation politique de la mémoire des harkis, Serge CAREL propose au Président de la République de lui rendre http://www.logotheque.fr/6252-2/logo+LIBERATION.jpgsa légion d'honneur. " Je remet aujourd'hui cette médaille à la disposition de la république, aussi longtemps que l'Etat n'aura pas reconnu sa responsabilité dans la tragédie vécue par les harkis" conclut Serge CAREL.

Après un tel regard de vérité émanant d'un ancien harki sur l'attitude actuelle des plus hautes autorités de l'Etat, une énième remise de médailles le 25 septembre prochain ne pourra pas masquer le véritable visage de Nicolas SARKOZY : il a lourdement trompé l'électorat rapatriés pour se faire élire à la présidence de la République.

 

Article de Serge CAREL dans Libération

 

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