Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /2010 12:02

Benjamin STORA : "La tragédie des harkis a été cachée pendant trés longtemps"


Le 21 mai 2010, l'historien Benjamin STORA, spécialiste de l'histoire de l'Algérie, a particpé à un chat organisé par le Journal "Le Monde" autour du thème de la mémoire et de l'histoire de Benjamin Stora la Guerre d'Algérie.

 

Au cours des débats, la que stion du drame des harkis a été évoqué et l'historien Benjamin STO RA a déclaré : " Les harkis apparaissent comme les témoins que l'on cherche à dissimuler de ce drame terrible. Ils avaient choisi la France, pas seulement par amour du drapeau français, mais aussi et plus simplement parce qu'ils voulaient rester attachés à leur village et à leur culture. La plupart, lorsqu'ils sont arrivés en France, connaissaient moins bien le français que les immigrés algériens présents en métropole depuis dix ans. Ils étaient des paysans, en armes, contre d'autres paysans en armes, qui eux avaient choisi le camp de l'indépendance et de la nation algérienne. La tragédie des harkis a été cachée et dissimulée pendant très longtemps ".

 

Pour que la mémoire de nos parents ne demeure pas enfouie, il appartient aux enfants de harkis de porter leur mémoire et leur histoire. Le combat continue...

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Mercredi 12 mai 2010 3 12 /05 /2010 13:53

12 mai 1962 - 12 mai 2010


Commémoration nationale

du drame des harkis

 



Aujourd'hui, 12 mai 2010, les harkis d'Ile-de-France commémorent le drame des harkis. Il y a 48 ans, les P1030451premiers actes officiels ordonnant l'abandon des harkis sur le territoire algérien étaient édictés par les gouvernants de l'époque. La première directive édictée par le ministre des armées ordonnait le 12 mai 1962 :


« Il me revient que plusieurs groupes d'anciens harkis seraient récemment arrivés en métropole. Les renseignements recoupés tendent à prouver que ces arrivées inopinées sont dues à des initiatives individuelles de certains officiers SAS (Stop).

 De telles initiatives représentent des infractions caractérisées aux instructions que je vous ai adressées (STOP).

 Je vous prie d'effectuer sans délai en vue de déterminer le départ d’Algérie de ces groupes incontrôlés et de sanctionner les officiers qui pourraient en être à l'origine (STOP)

 En veillant à l'application stricte des instructions, informer vos subordonnés que, à compter du 20 mai, seront refoulés sur l'Algérie tous les anciens supplétifs qui arriveraient en métropole sans autorisation de ma part ».

Aprés cette directive du 12 mai 1962, d'autres suivront comme celle du ministre d'Etat, ministre des affaires algériennes qui fut plus explicite :

« Vous voudrez bien faire rechercher, tant dans l'armée que dans l'administration, les promoteurs et les complices de ces entreprises de rapatriement, et faire prendre les sanctions appropriées. Les supplétifs débarqués en métropole en dehors du plan général seront renvoyés en Algérie. Je n'ignore pas que ce renvoi peut-être interprété par les propagandistes de la sédition, comme un refus d'assurer l'avenir de ceux qui nous sont restés fidèles. Il conviendra donc d'éviter de donner la moindre publicité à cette mesure ».


Aprés ces directives, chacun sait ce qui l'en est advenu des harkis. L'abandP1030454on, les massacres et pour les rescapés, la relégation dans des camps en France. Un véritable drame, une tragédie...


La République rend hommage à l'engagement des harkis le 25 septembre. Mais qui et quand commémore-t-on le drame des harkis ?

 

Le 12 mai de chaque année ! Pour cette première commémoration, les harkis d'Ile-de-France appelle l'ensemble de la communauté harkie à se souvenir et à avoir une pensée pour les harkis, morts pour la France  prés avoir été victime d'un abandon d'Etat ayant officielement débuté le 12 mai 1962.


A Paris, un gerbe sera déposée devant le mémorial dédié aux harkis et aux victimes civiles de la Guerre d'Algérie.


Se souvenir aujourd'hui pour mieux défendre la mémoire des harkis demain... Telle est la devise de cette première commémoration.

 

 

Le programme de la commémoration PDF.jpg

 

 

 

L'album photos de la cérémonie à Paris

 

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Le message de commération PDF.jpg

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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /2010 18:08

Farid Sid : un fils de harki, enfant prodige de l'Ovalie

 

Journal L'Indépendant le 11 mai 2010

 

Farid_Sid_1

 

Farid Sid, fils de harkis, a cette réflexion surprenante quand on lui parle d'humilité : "Pour moi, les gens hautains, ce n'est pas un problème, à partir du moment où tu t'assumes. Ce n'est pas ma manière d'être, mais je me méfie des réputations." L'ailier de poche de l'USAP (31 ans, 1,81 m, 87 kg) en a d'ailleurs brisé une cette saison. Lui, le meilleur défenseur de l'équipe à son poste, s'est aussi distingué en étant le meilleur marqueur d'essais (6) du club. "Non , c'est Porical (6, comme lui) " , prend-il soin de préciser. Satisfait de cette performance ?

 

Même pas. "S'il y a satisfaction, elle ne peut être que collective." Content de sa saison alors, qui l'a vu être le joueur le plus sollicité (21 matches de Top 14 dont 19 titulaires, 1507 minutes) de l'effectif derrière le 2 e ligne Tchale-Watchou (23 matches dont 19 titulaires, 1532 minutes) ? Non plus. "Ce n'est pas ma meilleure saison. En 2001-02, j'ai disputé 19 matches sur 20 avec l'USAP."


 Travailleur obstiné


  Trois fois non, éternel insatisfait. Farid Sid, l'étalon ailé le moins coté de l'écurie catalane, mais pas le moins obstiné ni le moins régulier, lui qui compte plus de 200 matches de championnat au compteur. "Ma famille, les départs, les blessures... c'est tout ça qui construit une carrière. Ne pas avoir été en équipe de France restera un regret, mais quand je rentre sur le terrain, en aucun cas je ne considère mon vis-à-vis comme meilleur que moi, même s'il est international." Comme le Parisien Gasnier et le Clermontois Nalaga, mangés à sa sauce l'an dernier en phases finales. "Je crois qu'on est maître de ce que l'on fait et qu'on se construit soi-même", dit-il, avant de défier le Toulousain Vincent Clerc, vendredi en demi-finale. Farid Sid est un casanier, qui aime se préparer en solitaire. L'an dernier, la chanson "L'un de nous deux", d'Oxmo Puccino, lui avait servi d'aiguillon avant la finale contre l'ASM. Et cette fois-ci ? "Je ne veux surtout pas faire un duplicata de l'an dernier. D'ailleurs, j'étais bien content qu'on annule le stage de Matemale, ça met un peu d'imprévu... Et puis si je te dis les paroles et qu'on perd..." Naturellement humble, on connaît la chanson.


Vincent Couture
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Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /2010 18:05

Journal Le Midi Libre

Edition du dimanche 9 mai 2010

Nimes. Colère

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Ces fils de harkis qui interpellent le sénateur-Maire UMP de Nîmes

 

 

LES FAITS : Ils appellent l'Etat et le maire de Nîmes Enfants_de_harkis_de_Nimes.jpg à tenir leurs promesses en matière d'emplois

Qu'est devenue la promesse d'emplois réservés dans la fonction publique territoriale faite il y a deux ans par l'Etat aux fils de harkis (1) ? « On tourne en rond », lâche Mathieu Arrag, délégué départemental du comité national de liaison des harkis. Lui, comme Farid, Mirabé, Djeloul, Djilali et foule d'autres jeunes gardois fils de harkis, commencent à perdre patience. Tous témoignent des entretiens hebdomadaires à Pôle Emploi et confient leur exaspération de constater que le résultat est à chaque fois identique : « Ça n'aboutit à rien. » Tous racontent le quotidien de centaines de familles de harkis vivant du RSA. Tous crient à l'injustice historique qui perdure.


Et Mathieu Arrag de lancer : « C'est aux maires, conseillers généraux ou régionaux de faire un effort. » Puis, expliquant que la situation des harkis gardois serait pire qu'ailleurs et soulignant que leur coeur politique bat plutôt à droite, ils s'adressent plus particulièrement au sénateur-maire UMP de Nîmes Jean-Paul Fournier : « Il faut qu'il ouvre les yeux. Dernièrement, quatorze emplois de policiers municipaux ont été ouverts, des enfants de harkis ont postulé. Ils ont embauché des personnes de toutes origines mais pas un fils de harki.»

 

Amers, certains jeunes lâchent : « Ils ne nous connaissent que pendant les moments importants pour eux : les veilles d'élections. » Et vis-à-vis du préfet, les jeunes ne sont pas tendres non plus : « L'an dernier, le préfet a organisé deux jours de formation aux métiers de la fonction publique. Ça n'a débouché sur rien. »

 

Pour Djilali : « On nous occupe comme des enfants à qui on fait faire un coup de manège. » Insistant sur la nature non violente de leur action, ces fils de harkis gardois lancent toutefois : « Les 18-45 ans n'en peuvent plus, c'est une cocotte qui est en train de bouillir. » L'exaspération, le sergent Mohamed Arrag, ancien combattant harki aux nombreuses distinctions, la sent monter et il s'interroge : « Mais qu'est-ce qu'on a fait de mal à la France ? »


J.-P. S

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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /2010 11:26

Le Conseil d'Etat signe
l'acte de décès de l'article 5

   

 

Le Conseil d'Etat statuant en référé urgence a rendu dernièrement une importante décision sur les pouvoirs du Garde des sceaux en matière de droit de la presse applicable aux harkis et à leurs familles.

 

L'article 5 de la loi du 23 février 2005 précise que " Sont interdites : - toute injure ou diffamation commise envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur qualité vraie ou supposée de harki, d'ancien membre des formations supplétives ou assimilés ; - toute apologie des crimes commis contre les harkis et les membres des formations supplétives après les accords d'Evian. L'Etat assure le respect de ce principe dans le cadre des lois en vigueur ".

   

P1030389

 

En fevrier dernier, sur la base de cet article et en l'absence de réaction des pouvoirs publics face aux propos blessant tenus envers les harkis sur les antennes de grandes radios commerciales en début d'année, une demi douzaine d'enfants de harkis ont saisi le Ministre de la Justice, Garde des sceaux, afin que les autorités du Parquet de Paris prennent les dispositions nécessaires à la répression des propos blessants tenus en début d'année.

 

Depuis un arrêt de la Cour de cassation du 31 mars 2009, les harkis et leurs familles savent que l'article 5 de la loi du 23 février 2005 ne peut servir de base juridique pour déclencher des poursuites pénales à l'encontre de propos portant atteinte à l'honneur des harkis (aucune sanction pénale n'ayant été prévue ! ). Les familles de harkis savent aussi depuis un arrêt de la Cour de cassation en date du 29 janvier 2008 qu'un harki ou un enfant de harki n'est pas juridiquement recevable pour déclencher individuellement des poursuites en vue de faire condamner en justice des propos injurieux ou diffamatoires envers les harkis.

 

Pour éviter tous ces obstacles juridiques, une dernière lecture de l'article 5 de la loi du 23 février 2005 était néanmoins possible, en se focalisant sur le dernier alinéa qui dispose que "L'Etat assure le respect de ce principe dans le cadre des lois en vigueur " . C'est à dire qu'à défaut de permettre aux harkis et à leurs familles de se protéger eux-mêmes contre les  injures et les diffamations, le gouvernement a par conséquent consenti au Parlement en 2005de faire de l'Etat le garant du "droit à l'honneur" des harkis.


L'Etat étant représenté auprès de la Justice par le Garde des sceaux, il revenait donc logiquement à ce dernier, saisit par des harkis ou des enfants de harkis de faits injurieux ou diffamatoires, d'enjoindre aux autorités du Parquet de Paris de prendre les dispositions nécessaires pour que des poursuites soient engagées devant les tribunaux.


Sur la base de cette dernière lecture possible de l'article 5, plusieurs enfants de harkis ont saisi en février dernier le Garde des sceaux des récents propos tenus envers les harkis tenus sur les ondes de radio. Le Garde des sceaux n'ayant pas donné de suite à leur demande, trois enfants de harkis ont saisi le tribunal administratif de Paris afin que la justice administrative enjoingne à l'Etat, représenté par le Garde des sceaux, d'assumer ses obligations de garant du "droit à l'honneur" des harkis, telles qu'elles ressortent de la lecture de l'article 5 de la loi du 23 février 2005.

 

Par une première décision, le juge des référés du tribunal administratif de Paris s'est déclaré incompétent pour connaître d'une telle demande. Le Conseil d'Etat ayant été également saisi en référé urgence, la plus haute juridiction administrative a rendu une importante décision en matière de droit de la presse applicable aux harkis et à leur famille.


En premier lieu, et contrairement à ce qu'a affirmé le juge des référés du tribunal administratif de Paris, la justice administrative est compétente pour connaître d'une telle demande. Toutefois, la plus haute juridiction administrative a jugé que l'article 5 de la loi du 23 février 2005 n'imposait aucune obligation particulière à l'Etat, et notamment au Garde des sceaux, de protéger les harkis contre les injures et les diffamations dont ils peuvent faire l'objet.

 

Pour le Conseil d'Etat, lorsque le Garde des sceaux est saisi de faits ou de propos blessants, injurieux ou diffamatoires envers les harkis, il lui revient de les traiter non pas en application de l'article 5 de la loi du 23 février 2005, mais en application du droit commun. C'est à dire en application du code de procédure pénale et notamment, au regard du principe de l'opportunité des poursuites pénales.

 

Le Garde des sceaux étant libre d'apprécier l'opportunité de saisir les autorités du Parquet, la requête du groupe d'enfants de harkis a dès lors été rejetée.

 

En statuant ainsi, le Conseil d'Etat a signé l'acte de décès juridique de l'article 5 de la loi du 23 février 2005. Jugé inapplicable par la Cour de Cassation, cet article 5 est aujourd'hui jugé également inapplicable par la justice administrative. Il y a désormais urgence à protéger les harkis et leurs familles contre les propos blessants, injurieux ou diffamatoires. Il en va de la mémoire de nos parents à tous.

 

 

PDF.jpg La décision du Conseil d'Etat : 

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