Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 23:21

Regard romanesque
sur le drame des harkis

 

Traditionnellement, le drame des harkis fait l'objet de travaux universitaires, d'études Livre_Sabatie.jpgsociologiques ou d'essais. Rarement, cette page sombre de l'histoire a été appréhendée sous le prisme du r o man. Le dernier ouvrage d'Emmanuel Sabatié est une invitation au voyage avec le regard particulier du rom an.

 

 

Vite ! Courir… Ne pas se retourner... Ne penser à rien non plus… Avancer en core et courir toujours plus vite ! Échapper aux diables et aux enfers ! Tenir encore, pour eux : Zohra, Brahim et Abdel… Car l'ennemi est partout ! Vite ! Ne pas s'arrêter… Trouver un souffle, respirer et reprendre sa course contre la montre… Fuir vers l'avant… Toujours vers l'avant… Échapper à l'ennemi qui guette, là, au prochain coin de rue, sous le masque de n'importe quel visage : ce chibani assis sur un banc ou cette Mauresque avec un cabas trop lourd pour elle. L'ennemi est un chacal qui vous renifle à distance et vous suit à la trace et n'attendant qu'une seule chose : en finir avec votre petite vie de bâtard et de traître !

Il fait chaud, cet été. Très chaud en Algérie…

Été 1962… Quand les démons et les enfers sont partout !

Quand l'Algérie devient un purgatoire pour les harkis et que la nuit fait peur… Alors vous auriez fait comme Abdelkader, Benyoucef, Hamed et tous les autres. Vous auriez fui...

 

Pour en savoir plus sur cette ambition littéraire, l'ACH-IDF a été à la rencontre de l'auteur. Emmanuel Sabatié a bien voulu répondre à nos questions.

 

Rencontre avec Emmanuel Sabatié

 

ACH-IDF : Vous venez de publier un roman dont le sujet principal est le drame des harkis. Pourquoi avoir choisi d'écrire sur ce sujet ?

Emmanuel Sabatié : C’est une question difficile à répondre, parce que je me souviens du regard que j’avais sur ce passé, quand j’avais une vingtaine d’années au milieu des années 90, je considérais la guerre d’Algérie comme une histoire ringarde, désuète et ce qui avait pu se passer là-bas m’indifférait plus ou moins.
C’est peu à peu que ce sujet a pris de la place et que j’ai considéré que c’était le moment d’écrire un livre fort, et je pense aussi qu’il y a toujours dans la carrière d’un écrivain un moment important de création, un livre que nous devons à tout prix écrire.
Et donc pour revenir à la question du pourquoi du livre, s’il y a une raison à l’écriture de ce roman, c’est parce que je devais le faire simplement…


ACH-IDF : Pourquoi avoir utilisé le roman pour écrire sur le drame des harkis ?


Emmanuel Sabatié : Parce que c’est ce que je fais de mieux et que mon style est d’abord populaire et qu’il se prête parfaitement à ce genre d’histoire avec des personnages simples, qui ne sont pas issus d’une classe sociale élevée ou bourgeoise ; et qui au fond me ressemblent… Et dans le roman, on ne triche pas. On est ce qu’on est, une écriture authentique, crue mais vraie, et surtout une écriture à la portée du plus grand nombre y compris de ceux qui n’ont pas l’habitude de lire.
Mais si j’ai utilisé le roman, c’est peut-être aussi parce qu’il apporte un regard différent, subjectif et passionné, comme une vue de l’intérieur, qui invite le lecteur à ne pas lâcher ce livre, comme s’il était lui même en Algérie et qu’il vivait directement les événements, en plein lieu de l’action, avec mes personnages, leur émotions, leurs blessures, leurs tragédies mais encore leurs espoirs…

 
ACH-IDF : Vous êtes inconnu de la population harkie en France. Alors qui est Emmanuel Sabatié ?


Emmanuel Sabatié : J’ai écrit au départ des nouvelles, dont une qui s’appelait « la fin », rebaptisée par mon premier éditeur « les déracinés » et qui se passait dans les ruines, ou près de ce qui reste du camp de Rivesaltes aujourd’hui… Ces nouvelles ont été pour une part publiées dans des revues littéraires puis dans un recueil intitulé « cercle » en 2004.
J’avais également entrepris en 2001 ou 2002, une étude sociologique sur les harkis. Sa portée était toute relative, très scolaire et limitée à un mémoire de recherche. Ce travail mettait en avant surtout les jeunes générations dans leur rapport au travail, au logement, à la famille, mais surtout, dans leur rapport à l’histoire et au passé qui restait très peu abordé dans le domaine de la sociologie.
Mais cela m’avait permis déjà d’acquérir quelques repères utiles pour mieux cerner le contexte culturel de l’Algérie à cette époque, en 1962, et les conséquences que cette guerre et cette mémoire blessée pouvaient avoir au quotidien, auprès de ces jeunes générations en particulier.
Mais le travail de sociologue n’a rien à voir avec celui de romancier et c’est en 2007 que je me suis lancé dans ce projet de roman. Trois ans de travail pour que ce livre prenne forme et qu’il soit publié malgré l’indifférence des médias, de la plupart des circuits culturels locaux, malgré que je n’ai plus d’emploi et que l’université m’ait définitivement fermé ses portes, il est évident que c’est quelque chose de plus fort que toutes ces préoccupations quotidiennes qui m’a aidé à écrire, et qui relève à mon avis d’une part de mystère qui est toujours à la base de toute création littéraire et qui fait qu’à l’arrivée, l’œuvre que nous avons écrite nous dépasse ; et va même au-delà de la personnalité souvent misérable de l’écrivain…

 

propos recueillis par Hamid KAHDIR

 

"Je ne vous oublie pas" d'Emmanuel Sabatié

Editions Le cherche midi

Par ACH-Ile de France
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