Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 11:51

Les harkis de Dunkerque revivent la douleur des camps

 

La politique des camps a fait beaucoup de mal aux familles de harkis. On en veut pour preuve, l'initiative prise par l'association ASGD dans la région de Dunkerque, dans le Nord. Dans le cadre d'un travail d'enquête sociologique menée par l'ASGD sur les familles de harkis résidant dans la région, « Le camp de Rivesaltes revenait dans chaque témoignage. Ils sont presque tous passés par ce camp. Il devenait intéressant d'aller là-bas pour tenter de comprendre » ont relevé les personnes chargées de ce travail d'enquête.

 

Afin de permettre aux familles de harkis de la région de Dunkerque de redecouvrir ce lieu important de la mémoire des harkis en France, l'ASGD a profité des journée du patrimoine en septembre dernier pour organiser un pélérinage sur le site du camp Joffre à Rivesaltes. Une cinquantes de familles de harkis ont fait le voyage. De ce périple, beaucoup en sont revenus chargés d'émotion.... La politique des camps, elle a fait mal, hier, elle fait encore mal aujourd'hui, et elle fera encore très mal demain si les familles de harkis de s'approprient pas cette mémoire..

 

P1En juin 2010, l'ACH-ID avait été à l'origine d'une initiative similaire. Un délégation de militants franciliens avait fait le déplacement à Rivesaltes pour se redécouvrir le site du camp Joffre et se receuillir devant cette mémoire douloureuse que fut les camps de harkis.


 

 

 

Site de l'ASGD :  press

 

Pour plus d'information, lire l'article que le journal La Voix du Nord a consacré à cette très salutaire inititiative :

Rivesaltes, pèlerinage douloureux pour les rapatriés d'Algérie et l'ASGD

lundi 03.10.2011  - La Voix du Nord

| GRANDE-SYNTHE |

Dans le cadre d'un travail sociologique sur les personnes rapatriées d'Algérie vivant ... à Grande-Synthe, l'association ASGD a profité des journées du patrimoine pour effectuer un voyage, un pèlerinage pourrait-on dire, P8au camp Joffre de Rivesaltes. « Dans notre enquête, on s'est aperçu que les gens parlaient très bien de la période lorsqu'ils étaient en Algérie, ils parlaient très bien de ce qui s'est passé après, mais que pour la période charnière de 1962, c'est le vide, note Karim Laïdouni, enquêteur sur le projet Histoires et Mémoires mené par l'association.

 

Il y a beaucoup de silence, parfois des larmes. » L'association cherche alors à comprendre le malaise. « Le camp de Rivesaltes revenait dans chaque témoignage. Ils sont presque tous passés par ce camp. Il devenait intéressant d'aller là-bas pour tenter de comprendre », ajoute Keltoum, également enquêtrice.

Une cinquantaine de personnes a fait le voyage : seize heures de bus pour arriver devant l'entrée du camp et s'effondrer en larmes. Cinquante ans plus tard, les souvenirs enfouis avec la volonté farouche d'oublier resurgissent. Devant eux, des baraquements, des chemins de terre battue, les parfums d'une époque que les vents ont balayés.

Balayées, battues par le vent de l'incompréhension, ces familles françaises d'Algérie qui n'ont pas eu autre choix que d'atterrir là. Car le camp Joffre est d'abord un camp d'entraînement militaire de 600 hectares, construit en 1938, très vite devenu un camp de rétention pour « les étrangers indésirables » selon le décret du 12 novembre 1938. Républicains espagnols dès 1939, puis tziganes et juifs ont été retenus dans ce camp et, pour certains, envoyés vers Drancy.

La douleur s'est apaisée, les souvenirs sont là

C'est dans cet endroit lourdement chargé par l'Histoire que des milliers de harkis, évacués militairement d'Algérie, étaient arrivés en 1962.

Ils resteront là, jusqu'en 1970, dans l'attente d'un hébergement et d'une solution pour leur permettre de vivre en France. « Quand on arrivait dans le camp, on était surveillés par des militaires qui exerçaient un droit de contrôle sur tout. On ne pouvait pas sortir si on n'avait pas d'autorisation », se souvient un ancien du camp.

Tout à coup, ils étaient prisonniers dans un espace clos de grillage et de barbelé, privés de leur liberté. « C'est là que ça ne s'explique pas. Ils ont été otages d'une politique étrangère, mais ils n'étaient pas des étrangers », martèle Keltoum.

La douleur s'est apaisée, mais les souvenirs sont restés. Certains retrouvent l'endroit où ils ont vécu, le baraquement qui a été leur premier abri. Un homme se souvient d'avoir été le facteur dans le camp. Il connaissait chaque endroit, chaque baraquement, chaque famille. Pour beaucoup, les images sont remontées pour éclater en sanglots. De l'avis de tous, la journée a été chargée en émotions. • T. F.

 

Source :  La Voix du Nord

Par ACH-Ile de France
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