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Edition du dimanche 9 mai 2010
LES FAITS : Ils appellent l'Etat et le maire de Nîmes
à tenir leurs promesses en matière d'emplois
Qu'est devenue la promesse d'emplois réservés dans la fonction publique territoriale faite il y a deux ans par l'Etat aux fils de harkis (1) ? « On tourne en
rond », lâche Mathieu Arrag, délégué départemental du comité national de liaison des harkis. Lui, comme Farid, Mirabé, Djeloul, Djilali et foule d'autres jeunes gardois fils de harkis,
commencent à perdre patience. Tous témoignent des entretiens hebdomadaires à Pôle Emploi et confient leur exaspération de constater que le résultat est à chaque fois identique : « Ça
n'aboutit à rien. » Tous racontent le quotidien de centaines de familles de harkis vivant du RSA. Tous crient à l'injustice historique qui
perdure.
Et Mathieu Arrag de lancer : « C'est aux maires, conseillers généraux ou régionaux de faire un effort. » Puis, expliquant que la situation des harkis gardois serait pire qu'ailleurs et
soulignant que leur coeur politique bat plutôt à droite, ils s'adressent plus particulièrement au sénateur-maire UMP de Nîmes Jean-Paul Fournier : « Il faut qu'il ouvre les yeux. Dernièrement,
quatorze emplois de policiers municipaux ont été ouverts, des enfants de harkis ont postulé. Ils ont embauché des personnes de toutes origines mais pas un fils de harki.»
Amers, certains jeunes lâchent : « Ils ne nous connaissent que pendant les moments importants pour eux : les veilles d'élections. » Et vis-à-vis du préfet, les jeunes ne sont pas tendres non plus : « L'an dernier, le préfet a organisé deux jours de formation aux métiers de la fonction publique. Ça n'a débouché sur rien. »
Pour Djilali : « On nous occupe comme des enfants à qui on fait faire un coup de manège. » Insistant sur la nature non violente de leur action, ces fils de harkis gardois lancent toutefois : « Les 18-45 ans n'en peuvent plus, c'est une cocotte qui est en train de bouillir. » L'exaspération, le sergent Mohamed Arrag, ancien combattant harki aux nombreuses distinctions, la sent monter et il s'interroge : « Mais qu'est-ce qu'on a fait de mal à la France ? »
J.-P. S